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Schlosserei #1

2013
C-Print on relief board
Honeycomb board, Felt, Epoxy, varnish 73,5x103cm
unique

 

Schlosserei #2

2013
C-Print on relief board
Honeycomb board, Felt, Epoxy, varnish 90x120cm
unique

 

Schlosserei #3

2013
C-Print on relief board
Honeycomb board, Felt, Epoxy, varnish 67x100cm
unique

 

Schlosserei #4

2013
C-Print on relief board
Honeycomb board, Felt, Epoxy, varnish 60x80cm
unique,

 

Schlosserei #5

2013
C-Print on relief board
Honeycomb board, Felt, Epoxy, varnish 58,5x81,5cm
unique

 

Schlosserei #6

2013
C-Print on relief board
Honeycomb board, Felt, Epoxy, varnish 46x60cm
unique

 

Schlosserei #7

2013
C-Print on relief board
Honeycomb board, Felt, Epoxy, varnish 80x120cm
unique

 

Schlosserei #8

2013
C-Print on relief board
Honeycomb board, Felt, Epoxy, varnish 147x99cm
unique

 

 

DOPPELTER BODEN

Sébastien de Ganay’s Bildobjekte (oder „Indexobjekte“ laut eigener Terminologie) konfrontieren den Betrachter a priori mit einer gewissen Doppeldeutigkeit: vordergründig fabriksfertige Hochglanzprodukte sind sie parallel dazu als work in progress Teile eines offenen Systems. Bilder unterschiedlichster Kategorien, frei von hierarchischer Klassifizierung, sowie diverse  Zitate, dienen als Verweise auf „Tintin“-Comics oder historische Schriften und Bildquellen. Diese Arbeiten präsentieren sich sowohl als unmittelbare Trägersubstanz für Reflexionen von Künstler und Betrachter, stellen sich Letzterem aber auch als Arbeitsfläche für Recherchen zur Verfügung: Recherchen, die an die schriftlichen bzw. pikturalen Ursprünge der Arbeiten führen. Anstatt in einer passiven Betrachterposition zu verharren, in der uns die Werke zu sagen scheinen „Schaut, wie wichtig wir doch sind!“, werden wir aufgefordert den Blick nicht nur auf sie und unsere unmittelbare Umgebung zu richten sondern auch hinter ihre „Kulissen“, bis an ihre Anfänge.

Die lackierten Metall-Lehnstühle (aufgefalteten Kartonboxen nachempfunden), die die Bildobjekte  begleiten, stehen als Symbol für Begegnung und Komfort. Komfort der sich relativiert, wenn man bedenkt, dass diese Kartonkonstruktionen ihren Ausgang in der argentinischen Wirtschaftskrise nahmen, als Cartoneros sich ihr Überleben mit dem Verkauf dieses recycelten Rohstoffes sicherten.
Ein "fast bequemer Armstuhl" als  treffende Metapher einer politisch motivierten Kunst.

 

SchlossereiStMoritz-thumb

 

Die aktuelle Ausstellung in der Schlossereiwerkstatt von St. Moritz markiert einen Wendepunkt in Sébastien de Ganay’s Arbeit.
Das freie Spiel der Assoziationen bekommt hier einen prominenten Platz während zugleich der Entstehungsprozess transparenter wird.  Seit seinem ersten Besuch in der Schlosserei konnte sich der Künstler nicht mehr von den farblichen Eindrücken des Werkstattbodens freimachen und anstatt mit diesem konkurrieren zu wollen, hat er sich entschieden ihn  in seinen Arbeiten sichtbar zu machen, ihn quasi zu verdoppeln: sei es als Farbschleier über einer HJ-Zusammenkunft, sei es im Blickfeld eines jungen Mädchens, sei es als Bodenbelag auf dem Platz des himmlischen Friedens, die gelb-rot-grauen Dreiecke färben de Ganay's Arbeiten mit beinahe obsessiver Konsequnz ein.
Die vom Designer-Duo Kueng Caputo konzipierte Arbeit fingiert in dieser Ausstellung bloß einen Anhaltspunkt für Zeit und Raum. Tatsächlich aber übernimmt sie die Funktion eines fliegenden Teppichs, der den Betrachter auf eine Reise durch die Kunst-Epochen und Bedeutungsregister transportiert.
Die treibende Kraft dieser vom Bodenmuster ausgehenden Träumerei wird René Magrittes Malerei "La Durée poignardée", von der wir hier eine phantomhafte Version zu sehen bekommen. Die Reliefs von Kaminsims, Lokomotive, Bodendielen werden durch schwarze Konturlinien (digital generierte Skizzen für den Laserschnitt der og. Reliefs) hervorgehoben, während die Farben, mit Ausnahme des Parkettbodens, aus der Komposition verschwinden. Aus dem Spiegel über dem Kamin reflektiert sich der Werkstattboden in Richtung Betrachter und kreiert zwischen dessen aktueller Situation und dem pikturalen Raum von 1938 eine Analogie. Im Zentrum der Darstellung verdoppeln sich die Umrisse  von Lokomotive und Rauchwolken in einem Spiel von Kreisen. Ein ganz bewusstes Zusammentreffen, bedient sich der Künstler doch in seiner Formensprache regelmäßig dieser geometrischen Figuren.

Indem sich S de G die Arbeit von Kueng Caputo zu eigen macht, verstärkt er die Präsenz und Prägnanz dieser umfunktionierten Werkstatt und wird Teil der Geschichte jenes Ortes, während in seinen "Schlossereiarbeiten" die Erinnerung an diese Schau fixiert bleibt.
Die Werke von S de G hier zu entdecken, bedeutet sich in ein Anderswo zu versetzen. Umgekehrt, die Arbeiten in einem anderen Kontext wieder zu sehen, ließe den Betrachter den Weg in die entgegengesetzte Richtung antreten.

 

 

 

 

 

 

SOULEVEMENTS

Les objets-tableaux (ou objets index selon sa propre terminologie) de Sébastien de Ganay offrent ce caractère a priori paradoxal d'être ouverts et in progress, et de se présenter comme des objets manufacturés lisses et clinquants. Différentes catégories d'images peuvent venir s'y fixer, sans considération de hiérarchie, mais également des éléments d'information, dont aujourd'hui des notes de renvoi à des albums de Tintin ou à d'autres livres. Ces œuvres se présentent comme des supports de réflexion et des plans de travail à la disposition du spectateur et peuvent lui servir aussi bien de passerelle vers une source écrite que d'invitation à la dérive. Plutôt que de nous arrêter dans une contemplation pour nous dire: regardez comme nous sommes importantes, elles nous invitent à les dépasser et à regarder non seulement autour de nous, mais aussi à reconnaître leurs sources. Les fauteuils en métal laqué (construits sur le modèle de cartons d'emballages dépliés) qui souvent les accompagnent, désignent quant à eux le moment d'une rencontre et offrent une position de confort. Position de confort toute relative puisqu'elle est fondée sur le rappel des Cartoneros (hommes et femmes qui assurèrent leur survie par le recyclage des matériaux usagés, au moment de la grande crise économique argentine). Peut-être faut-il voir là la juste métaphore d'un art à vocation politique: un fauteuil pas tout à fait confortable.

Cette exposition à la Schlosserei inaugure une forme de tournant dans le travail de Sébastien de Ganay. Le libre jeu des associations y est plus clairement affirmé en même temps qu'est rendu plus transparent le processus de fabrication. Parce qu'en visitant l'espace d'exposition de la Schlosserei son œil n'a pu se détacher du sol, l'artiste a décidé que le dessin de celui-ci serait partout visible. Depuis le camouflage complet d'une image de jeunes nazis en réunion jusqu'à un minuscule bandeau sur le regard d'une enfant d'autrefois, en passant par la place Tien Anmen, ces triangles gris, jaune, orangé et rouge, colorent comme une obsession les images qui occupent l'imaginaire de l'artiste. Le sol d'Arlequin de Kueng et Caputo, conçu à l'origine comme une scène d'exposition est devenu un vrai-faux repère spatio-temporel, un tapis magique qui permet de traverser les époques et les registres de signification. La rêverie qui prend naissance à partir de ce sol a trouvé dans le célébrissime "La Durée poignardée" de Magritte son moteur. C'est une vision spectrale qui est donnée de cette œuvre. Les motifs en relief de la cheminée, de la locomotive, des lambris y sont soulignés par leur contour au trait (dessin préparatoire à la découpe au laser desdits reliefs) mais les couleurs en ont disparu, à la seule exception notable de celles du parquet. Dans le miroir est venu s'ajouter la projection du sol de la Schlosserei qui crée un lien analogique entre l'espace pictural du tableau de 1938 et la situation actuelle de l'exposition. La locomotive au centre se trouve ramenée à un jeu de cercles qui correspondent à sa silhouette et à celle du long nuage de fumée qui s'en échappe, rencontre non fortuite entre la trame de disques qui appartient au vocabulaire de l'artiste et cette machine à faire rêver. En s'appropriant le sol de Kueng et Caputo, S. de G. renforce la présence et la prégnance d'un lieu nouveau (construit sur l'oubli relatif d'un bâtiment industriel) et s'inscrit dans son histoire en même temps qu'il fixe le souvenir de cet événement du 23/08/13 au 01/09/13. Découvrir ici ces œuvres, c'est se voir (se croire?) ailleurs. Les revoir ou les découvrir à en un autre lieu, une autre circonstance, ce sera se (re)voir à la Schlosserei.

Patrick Javault

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sébastien de Ganay’s object-paintings (or “objets index”, as per his own terminology) offer an a priori paradoxical character: that of being open to change, works in progress, as well as that of finished, polished and flashy manufactured pieces. Different categories of images can come fasten themselves to them, regardless of hierarchy, and also informative elements such as today’s footnotes to the albums of Tintin and other such books. These works introduce themselves as supports to reflection and/or workplace blueprints made available to the spectator that can be of use as a footbridge towards a written source, or an invitation to go adrift. Rather than stop us within a contemplation bidding us to look at me, and how important I am, they propose a look beyond and no longer only around us, but also to recognize their origins. The armchairs of lacquerd metal (built upon the model of the unfolded wrapping cardboard boxes) which often accompany the pieces point strongly to the moment of an encounter and afford a seemingly comfortable viewpoint, a most relative position indeed since it is founded upon the reminder of the Cartoneros, these men and women who managed to find survival amid the recycling of worn material during the great Argentinian economic crisis.

Maybe it is here we can find the right metaphor for an art with a political vocation: a not too- comfortable armchair.

This exhibit at the Schlosserei inaugurates something of a shift in the work of Sébastien de Ganay. The free-play of associations is more clearly established and, simultaneously, the fabrication process is rendered more transparent to the eye. While visiting the exhibition space of the Schlosserei, the artist’s eye could not detach itself from the ground, and so the artist has decided that its design should be visible at all times/everywhere throughout his display. Be it the complete camouflage of an image of young Nazis in a reunion, or the miniscule eye-band covering the gaze of yesteryear’s child, passing by Tien Anmen Square, these grey, yellow, orange and red triangles color like an obsession the images occupying the imaginary of the artist. This Harelquin floor by Kueng and Caputo, conceived originally as an exhibit scenery proper, has become a real-fake spatio-temporal landmark, a magic carpet allowing for the crossing of epochs and meanings’ registers. The daydream that comes to life based upon this ground has its origin, or engine really, in Magritte’s “La Durée Poignardée”. It is a spectral-like vision of that piece that is offered us. The relief motifs of the fireplace, the locomotive, the panellings, are highlighted at their edges (preparatory design for the laser cutting of said reliefs), but the colors have gone, with the notable exception of those of the ground itself. The projection of the ground of the Schlosserei, which creates an analog link between the pictural space of the 1938 painting and the actual situation of the show, has been added to the mirror. The centerpiece locomotive is now brought into a game of circular shapes corresponding to its silhouette and that of the long cloud of smoke emanating from it, a non-fortuitous encounter between the screen or weft of disks that belong to the artist’s vocabulary and this dream- provoking machine. By appropriating the floor of Kueng and Caputo, Sébastien de Ganay reinforces the presence and the predominance of a new site (built upon the relative forgetting of an industrial building), and etches himself in its history as well as fixing its memory, that of the this event from 08/23/2013 to 01/09/2013. To discover this artwork here is to see (to believe?) oneself elsewhere. To see them again or to discover them in another site, another circumstance, will also be (re) seeing them at the Schlosserei.

Patrick Javault (translated from French)